Cultive et partage , Place Saint jean,
Saint Omer (59)
Atelier vILLE FRANGMENTEE, aVRIL 2016
La ville de Saint Omer s'est installée sur une butte argileuse proche de sa principale source économique: les marais. Le centre de la ville s'est érigé au point le plus haut et sec de cette butte laissant en aval le passage au détournement du canal de Neuffossé: le canal de l'Aa ( aujourd'hui bras mort).
Comme de nombreuses villes, St Omer a dû se fortifier en 1677 face aux collines de l'Artois, les marais la protégeant coté Flandre.
En 1848, la voix de chemin de fer apporte un dynamisme économique sans précédent en faveur des maraîchers mais scinde le paysage en deux. Soumis à de fortes contraintes physiques, la ville s'est développée sur elle-même mais garde une trace du lien avec son ancien centre économique lié au commerce fluvial: les rues Carnot, Saint-Bertin et de Dunkerque.

Des axes de communication structurant le paysage méttant l’ilot dans le territoire

L'objet de l'atelier était de travailler sur l’intérieur de l’îlot entre les rues Carnot et Dunkerque. Pour ma part, je me suis concentrée sur l'extrémité nord de cet îlot afin d’accroître les possibilités de porosité entre les deux rues tout en conservant un centre intime et enclin à l'appropriation de chacun.
Par ailleurs, j'ai eu l'occasion de pouvoir travailler avec deux étudiants en architecture. Le projet de ces derniers découlaient d’un profil d’un habitant potentiel. Dans mon cas, j’ai choisi de travailler avec leurs deux projets dans un même scénario à intégrer à l’espace public.
Dans le cas du premier, il s’agit d’une famille qui vient créer par le biais d’une association, un café-information, afin de venir en aide aux migrants syriens. Dans le second cas, il s’agit de deux hommes qui tiennent un salon de thé/ restaurant et qui souhaitent cultiver eux-mêmes les produits vendus et installer une terrasse sur l’espace public.


Schéma d’intention: souligner la déambulation joignant haute et basse ville. Il s’agit de recomposer les pleins et les vides pour dynamiser les espaces, notamment la place Saint Jean, et la reconquérir au profit du piéton.
Plan topographique tous les 10cm
Salle des concerts
Serre
Restaurant,
vitrine de production local
Café-information
D’une certaine manière, l’ilot bordé des rues Carnot et Bertin semble avoir revêtu des airs Vénitiens. Les espaces s’enchainent avec aisance en alternant passages étroits et bouffés de vide lorsqu’on arrive sur une place. Celles-ci ont cette même particularité de permettre de prendre le recul nécessaire afin d’éprouver le bâtiment central et imposant (église, salle des concerts ou mairie...)
C’est donc de cette opportunité dont il faut tirer parti et souligner davantage encore l’impression de déambulation joignant haute et basse ville. Il s’agit de recomposer les pleins et les vides pour dynamiser les espaces, notamment la place Saint Jean, et la reconquérir au profit du piéton. Cheminement simple et linéaire appuyé par les lignes de la salle des concerts et par une serre, il vient percer le front bâti, souligner l’axe longitudinal de l’ilot et créer une porosité dans celui-ci tout en gardant l’intimité qu’offre le lieu.
Face à ces études de cas, la réflexion prend un tout autre sens. Il faut faire un projet pour tous, à l’échelle globale tout en s’intéressant à des particularités individuels. Alors toute une pensée de gestion (aussi bien sur le personnel que sur l’économie des moyens de production attelé au restaurant et café) a débuté et a été pour moi vecteur de projet. Il entraîne aussi un questionnement sur la programmatique.
Aussi la place devient un lieu de production, de partage et d’intégration entre les habitants, usagers de l’ilot, les bénéficiaires de l’association d’immigrés et les clients du salon de thé/restaurant tout en restant axée sur l’idée de déambulation.




