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A-Fluence avec Archi-Culminant

                    Concours effeil, septembre 2016

                                       Sélection du Jury 

   Conçu par une équipe de quatre étudiants aux formations complémentaires, A-fluence est constitué d’un ensemble de deux unités interdépendantes intégré à un espace paysager. Le choix de composer le bâtiment ainsi découle de la volonté de répondre à deux temps d’occupation, à deux logiques professionnelles différentes : une occupation à long terme de bureaux par différentes entreprises d’une part, et une occupation courte, dynamique, collective et mobile d’autre part.
   Cette proposition cherche à rassembler ces deux tendances au sein d’un même ensemble, et d’engendrer rencontre et partage parmi les différents acteurs amenés à occuper le site.

Axonométrie par Marie Cushing

Plan masse par Marie Cushing

Un espace nodal du plateau de Saclay


   L’analyse de la parcelle (ZR 95) a mis en relief sa position charnière par rapport au Campus. En effet, elle est positionnée au croisement entre circulations douces et grands axes d’accès au plateau de Saclay. Au-delà des circulations, cet espace est entouré à la fois de zones tertiaires, universitaires, mais aussi de futurs logements tant familiaux qu’étudiants. Le projet doit donc être capable de s’adresser à la fois aux travailleurs, de passage et réguliers, et aux étudiants et habitants du quartier en cours de conception.


    Cette diversité pousse à considérer la définition du mot «tertiaire» de façon très large :
il peut s’agir autant de bureaux et espaces de travail que de services ouverts à l’ensemble des populations concernées. L’espace ainsi créé, comportant 1 600m² de bureaux ainsi qu’une importante offre de services, est à la fois accessible et réellement central dans ce quartier amené à être densifié. En ce qui concerne les bureaux, ils peuvent autant être utilisés par des étudiants, jeunes travailleurs ou usagers du campus, que par de nouvelles entreprises, de passage ou souhaitant s’installer sur place. Cette mixité des compétences et des savoirs au sein d’un même lieu favorise donc la transversalité et l’innovation, sur les plans spatial et professionnel.
   Concrètement, l’unité Nord accueille les bureaux de long terme et les fonctions réservées aux riverains : espaces de travail à louer, crèche, salle de sport, laverie. D’autre part, l’unité Sud propose des espaces de travail plus mobiles et des salles de réunion, ainsi que des activités collectives pour les occupants sur des temps courts ou irréguliers : un restaurant, une buvette, une salle de conférences, et l’accueil des deux unités. Cette diversité de fonctions permet à l’ensemble de vivre de jour comme de nuit, sans s’aligner sur les horaires de travail “conventionnels”.

Coupe par Marie Cushing

Logique et atouts spatiaux


   Les unités Nord et Sud sont placées de telle sorte que l’ensemble constitue un carré garantissant la cohésion de l’ensemble, tout en assurant un éclairage naturel optimal en intérieur, grâce à une profondeur restreinte. Cette composition singulière est structurée suivant l’axe de la perspective centrale, dessinée par l’environnement bâti, qui est alors prolongé et mis en valeur.
Cette perspective conduit à une promenade dans le coteau boisé tout proche.

   Au-dessus de cette traversée s’élancent de fines passerelles qui fédèrent les deux unités et mènent à l’escalier principal extérieur. Outre la symbolique de transversalité permise par cette logique, il s’agit de libérer l’espace intérieur de la majeure partie des circulations fonctionnelles afin de maximiser et de connecter les surfaces d’activités.

   Les passerelles donnent sur un espace central entre les deux bâtiments : fort d’une qualité paysagère par son aménagement et ses points de vue, il devient un lieu privilégié de rencontre et de repos en extérieur, permettant le croisement des habitants et des travailleurs aurez-de-chaussée. Pour cette raison, la majeure partie des services précédemment évoqués est installée à ce niveau. Ainsi, l’espace est réellement habité, plutôt que seulement occupé.

Un jardin durable pour un lieu de vie de qualité


   En réponse à cet espace bâti, la parcelle dans son ensemble bénéficie d’un aménagement paysager, afin d’apporter un réel confort aux habitants du voisinage par la création d’un jardin, mais aussi d’assurer un cadre de travail privilégié pour le bâtiment .

Perspective par Ondine Florin

   Les circulations en voiture sont restreintes, et la mise en place d’un système de vélib’ et d’emplacements pour vélos, à l’usage de tous, privilégie les circulations douces dans le quartier, et l’usage des transports collectifs. Un parking pour voitures est néanmoins créé au sous-sol du bâtiment afin de maximiser l’accessibilité au site.

   Les remblais du terrain réemploient les sols déblayés pour l’implantation du bâtiment, limitant les déchets de chantier. Ces reliefs permettent en outre d’aménager des espaces plus intimes au milieu des arbres. Le choix d’essences fruitières (Pommier, Poirier, Mirabellier, Cerisier, etc…) permet au jardin de devenir nourricier, et crée, à l’instar des plantes mellifères, une interaction avec les ruches installées sur le plateau. Toutes les espèces végétales viennent de pépinières locales, et sont choisies pour leur besoin en eau mesuré. Cela participe à la gestion différenciée du jardin.Par ailleurs, le site étant historiquement construit en zone humide, ce rapport à l’eau est rappelé à travers la récupération des eaux, au niveau du bâtiment et au Sud de la parcelle dans un bassin d’orage. Celui-ci est doté de plantes phyto épuratrices contribuant au traitement de ces eaux.

Schéma par Ondine Florin

Perspective par Lucile Zacharia,

Perspective par Odine Florin

Structure flexible et enveloppe énergétique du bâtiment


    En ce qui concerne la structure principale du bâtiment, le système poteaux-dalles mis en place permet de limiter les coûts de la structure et d’assurer une grande modularité intérieure. Par ailleurs, le confort des usagers passe en grande partie par les multiples atouts proposés par les façades-rideaux, superposées à cette structure. Celles-ci présentent une alternance de baies vitrées et de bandes photovoltaïques.
    En plus de participer au confort lumineux des occupants, les larges baies vitrées sont composées d’un vitrage électrochrome dynamique qui assure un confort thermique optimisé. La teinte du vitrage peut ainsi être modulée électroniquement pour adapter la transmission lumineuse et calorifique à l’ensoleillement et à la température. L’alimentation de ces modules vitrés est assurée par les bandes photovoltaïques à proximité, directement en courant continu, ce qui limite les pertes liées à la longueur des câbles et aux conversions courant continu - courant alternatif et inversement.

     L’utilisation de l’énergie solaire apparaît ici comme d’autant plus pertinente que le vitrage n’a besoin d’être alimenté que lorsque le rayonnement solaire, et à fortiori la température extérieure, varient.
   L’excédent d’énergie solaire accumulée en façade assure, là encore directement en courant continu, l’alimentation des panneaux rayonnants électriques discrètement intégrés aux plafonds.

    Par ailleurs, l’énergie solaire est également captée par les 234 m² de panneaux photovoltaïques installés sur le toit de l’unité nord avec une orientation optimale. Ceux-ci s’ajoutent aux 720 m² de bandes photovoltaïques intégrées sur les façades sud. L’ensemble peut ainsi produire une énergie comprise entre 180 et 210 MWh, soit environ 55 à 65 kWh/m² chaque année.
   Or, au regard des matériaux innovants utilisés pour notre projet, tel que le vitrage électrochrome capable d’isoler tout en captant l’énergie solaire, il est tout à fait envisageable qu’un tel bâtiment  tertiaire consomme une énergie inférieure à 55 kWh/m² par an, dans le cadre d’un comportement raisonné de la part des usagers.   A ce titre, notre projet s’inscrit dans le cadre du concept de bâtiment à énergie positive (BEPOS), dont la mise en oeuvre officielle est envisagée via la future RT2020.


   Devant cette façade fonctionnelle, une dernière enveloppe est apposée afin de lui conférer une plus forte identité esthétique tout en préservant la confidentialité des activités de bureaux. Des brise-soleil et jardinières en bois sont suspendus par des tubes métalliques, repris par des poutrelles à chaque étage. Certains tubes, creux, permettent aussi l’irrigation contrôlée des jardinières. La composition en bandes horizontales de cette double enveloppe est déclinée sur le mobilier intérieur et extérieur, tant sur sur la terrasse du R+3 que sur l’espace central. Le lien entre les deux unités est souligné par l’absence de cette enveloppe de bois sur les façades donnant sur les passerelles. Ainsi la cohésion carrée de l’ensemble s’en trouve-t-elle renforcée.

Axonométrie par Ondine Florin

Perspective par Lucile Zacharia,

Mobilité, modularité et superposition des temps de travail


Les services apportés au bâtiment permettent un important brassage humain, lui conférant une meilleure visibilité sur le Campus. Ils sont valorisés par leur accessibilité depuis le rez-de-chaussée ;
la crèche et le restaurant proposés bénéficient en outre d’espaces extérieurs dédiés. La complémentarité entre le restaurant en rez-de-chaussée et la buvette sur le toit-terrasse permet de répondre à différentes demandes. La circulation extérieure favorise leur accessibilité, notamment en dehors des horaires de travail conventionnels. Il s’agit ainsi de créer un espace multifonctionnel : propice à la détente en terrasse en journée, il pourrait accueillir des “soirées réseaux” et être transformé en club la nuit. Les espaces de travail présentent de fait une accessibilité plus limitée, notamment dans l’unité Nord. La confidentialité des activités peut ici être renforcée via un contrôle par badge par exemple.


Le bâtiment vit donc selon des temporalités multiples, variables d’une unité à l’autre. Dans l’unité Nord, destinée à une location standard par plusieurs entreprises, des bureaux fermés de dimensions variées sont délimités par un cloisonnement simple, et couplés à des espaces ouverts librement aménageables par les différents locataires. Une salle de repos et des espaces collectifs sont prévus pour les trois étages afin d’offrir aux futurs utilisateurs le meilleur confort possible, indépendamment de leur activité.

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